À toi qui es né en 2014

 

À toi qui es né en 2014.

Cette année-là, j’ai entendu ton cœur battre pour la première fois. Ce qui m’a frappée avec ton battement de cœur, c’est que j’ai réalisé que le jour où il cesserait de battre… c’est que tu serais mort. J’ai rencontré la fragilité de la vie.

2 ans, c’est y a pas très longtemps. Je me rappelle de chaque instant de ma journée d’aujourd’hui, il y a 2 ans, la veille de ta naissance.

Tous mes sens me reviennent, même la couleur du jour, le froid sur mon visage, les sons qui m’habitaient, les personnes à qui j’ai parlé. Je savais que tu allais naître le lendemain. J’ai tout fait pour que t’arrives cette journée-là. J’avais trop hâte de te voir. Je voulais juste voir ton visage.

Je t’ai donné naissance comme toutes les femmes donnent la vie sur cette terre, mais mon histoire avec toi, elle est unique, parce qu’on l’est tous.

Je n’avais aucune peur. Peur de rien. Avec du recul, je réalise à quel point, seul, l’amour m’accompagnait. Rien de négatif ne me traversait l’esprit. Je t’ai écrit une lettre avant d’aller dormir. J’ai allumé des lampions et je nous ai concocté une cérémonie de naissance. J’ai écouté les mêmes mantras, minute après minute et les larmes me montaient aux yeux tellement j’étais près de toi. Je t’ai offert tout l’espoir du monde, toutes les possibilités du monde.

J’ai bouclé mes cheveux entre mes contractions. J’ai mis une robe soleil en plein hiver pour passer la porte de chez moi. Rien ne m’ébranlait. Aucune peur ne m’habitait. J’allais te pousser 2-3 pouces plus loin en pleine lumière, dans la salle d’accouchement et j’allais voir ton visage.

Tu as mis toute la nuit à faire ce court chemin. Je tripais sur l’effet que la piqûre d’engourdissement me procurait. Je ne ressentais pas la douleur de l’évènement. Le highlight de la nuit, c’est quand tout le liquide de mon ventre s’est éparpillé partout dans le lit. Seigneur, je capotais sur la quantité.

Dans ma tête, tout était calme, même si mon corps était en chaos. L’inattendu a toujours été la chose la plus excitante dans ma vie. Quelle surprise minute après minute. Je ne savais rien sur l’accouchement. La seule chose sur laquelle je m’étais exercée, c’était d’ouvrir mon chakra crânien lors de ton expulsion. La synergie avec l’instant était la seule chose qui m’obsédait. L’innocence est mon plus grand allier.

Tu es arrivé, pas de son, juste une image. Un trilliard de choses se sont passées et moi, tout ce que je voyais, c’était un miracle.

Ça t’a pris 6 mois à émettre un son tellement t’étais bien.

Chez moi, y a pas cette rengaine qui court que le temps passe trop vite. Parce qu’avec toi, j’ai choisi de vivre lentement, de marcher doucement. Toutes nos photos analogiques ensemble sont dans notre lit. On fait du mieux qu’on peut et on se ne casse pas trop la tête.

Tu m’apportes mon lot de présent. De candeur. Tu es sur cette terre comme un grain de sable infiniment puissant. Tu as 2 ans. Tu es déjà beaucoup plus que ce que je peux m’imaginer de toi.

Je ne sais comment te remercier, Caleb. À part demain matin, en te serrant dans mes bras et en te saluant.

Je t’aime tellement que ça m’a sortie du lit pour venir t’écrire cette lettre que tout le monde lira, sauf toi. C’est mon inspiration.

Ce dont je suis certaine, c’est que l’amour de cet instant de rédaction traversera le temps, les mémoires et que tu le ressens déjà.

Bonne fête mon trésor !

Maman

xx

Être et Paraître. Les 2 à la fois ?

etre et paraitre

Bien sur que si.

C’est comme le vieil adage ;

Vaux mieux être riche et en santé que pauvre et malade.

Pourquoi pas ?

Il existe ce stéréotype qui porte à croire qu’on ne peux être spirituel et se faire injecter du Botox . Moi j’aime les 2; la spiritualité et le Botox.

J’ai été confrontée à ce jugement quand je poursuivais des études en mode. J’en suis venue au point ou je me sentais presque coupable d’apprécier les cours de tendances, qui commençais à me sembler superficiel et éphémère . Je me disais: Ya tellement d’affaires qui se passent sa terre, j’ai pas d’autre chose à étudier que des guenilles ? Tu voie, au coté de l’histoire de l’art , de la litérature et de l’anthropologie, pour moi ça perdais un peu d’importance .

Jusqu’à ce qu’un professeur dise devant la classe ( pas exactement, mais c’est du moins ce que j’en retiens ) : Nous sommes tous dans l’être et le paraître. C’est inévitable, et vous devez être conscient de l’idée que vous vous préoccupez de ce vous et les autres portent, en suivant les tendances planétaires, qui elles , sont basées sur comment on se sens tous, dépendament de l’époque ou on se trouvent et de ce qui s’y passe… Alors assumez le fait que nous vivons dans un monde ou l’être et le paraitre vivent de pair, et c’est parfait comme ça. Vous n’êtes pas superficiel, vous vivez en synergie avec la vie.

Je me suis alors déculpabilisé et j’ai accepter mon amour pour les vêtements.

Pour ce qui es de notre apparence, certainement qu’il faut s’accepter tel que l’on es, seulement qu’on peux améliorer les choses sur lesquels on a du pouvoir, pour ce qui en reste. Si ma serre es remplie de mauvais herbes, il me reste à m’agenouiller et à la dégarnir.  Autant que j’entretienne sa fertilité en lui offrant de l’eau et du soleil. Même chose pour le corps et l’esprit. Si ma peau se couvre de tâches, je peux les faire enlever au salon de beauté. Autant que je me concentre à enrayer celles qui ce sont accumulées sur mon coeur. Si les ridules s’accumulent sur mon visages , je peux m’adonner à ces méthodes qui servent à les tendre un peu, autant que je consacre du temps à détendre mes relations avec les autres et envers moi même.

On dois s’intéresser à actualiser notre esprit et notre corps, autant que ce soit fait avec minutie et équilibre.

C’est bien plus facile de se re-faire faire le nez que de se re-faire faire le coeur .                       Stephane LaPorte.

C’est tout à fait vrai . Mais tant mieux si on s’adonne bien à faire les 2. Tant que tu ne fini pas par ressembler à une caricature, parce que le Botox t’abuse . Et tant que tu ne te la joue pas moine tibétains , si le soir tu rêve de fourrer une volé à celui qui t’as picker ton parking.

Faut juste pas tomber dans l’extrême gauche, ni d’un coté ni de l’autre. Gare à toi si ton apparence es trop importante. Gare à toi si ton monde intérieur t’isole.

La pauvreté, si c’est celle de l’esprit, elle es triste et accablante. La beauté, elle es scintillante , si elle es fondamental et illusoire. La richesse, elle es merveilleuse. Autant soit elle de sens comme de circonstances. Et la santé, elle es épanouissante , si elle es mentale et corporel.

Je suis l’être et sa parure. J’aime m’organiser pour être belle, et organiser mon esprit pour être séduisante. J’essaie que les deux se rejoignent harmonieusement. Ça fait du bien de comprendre le concept , pour ne pas penser qu’on es superficiel si on se fait refaire les seins. En autant que tu le fasse juste pour les remonter un peu, pas pour remonter l’amour que tu auras pour toi ensuite.

La beauté c’est un état qu’on peux tous s’offrir avec assurance, parce qu’elle es partout, en dedans et en dehors, depuis la nuit des temps.

Caroline xx

 

crédit photo : Free People

La tragédie de Capitaine Crochet

 

Peter Pan. On connaît tous. Ce petit qui vit dans un monde où on refuse de grandir. Mais avant de se souvenir qui il était, il était devenu un adulte blasé, mécanique ; un capitaine crochet des temps modernes.

Il faut se souvenir d’où on vient , pour savoir qui on est. Il est fort probable qu’on a presque tout oublié de notre enfance. Si on s’en est bien sorti, quelques souvenirs flous ou parsemés de clarté ont réussi à survivre dans notre esprit. Comme l’odeur de la cuisine, la douceur de la peau de ma mère, les visites saisonnières chez ma tante Camille, cette bicyclette à banc de banane, le lichen sur les roches dans le Grand Nord, le dentier de grand-maman Suzanne, ces pingouins de plastique loués pour mon cinquième anniversaire, les framboises de la ruelle Cadillac, les speeches de mon père, mes doigts entre les yeux des poissons frais pêchés.

Le problème c’est si on a oublié les souvenirs à notre propre sujet. La plupart d’entre nous ont oublié ce qu’enfant, on aimait vraiment. Ce qu’on passait notre temps à faire, ce qui faisait passer nos journées entières comme un éclair.

Rien ne sert d’être nostalgique. Hier perd beaucoup de son importance devant aujourd’hui. Mais ce que nous aimions en revanche, l’est vraiment. On doit accorder du sérieux à cette identité, qu’on a peut-être laissé fuir entre la vie, et ses aiguilles battantes au sens horaire.

La recherche, c’est environ avant 8 ans. Après, tu commences à te faire «des accroires». Après t’oublies presque tout de quand t’avais en bas de 8 ans…

Petite, j’aimais le papier à lettre, je les collectionnais. Je me souviens de celui avec les rebords brodés, imprégné d’une senteur de parfum de fleurs. J’aimais écrire, j’avais des petits livres,  dans lesquels j’écrivais des poèmes, qui sont devenus des chansons, qui sont devenus des journaux de bord. Je m’étais fait une petite table en foam blanc, sur laquelle j’avais déposé des prières, un lampion, et quelques objets précieux. Le soir avant de me coucher, je m’agenouillais devant mon autel et je récitais mes chapelets. Je passais ma vie dehors, j’aimais aller dans le bois, marcher, collectionner les roches qu’on laisse dans ses poches, les lancer dans le ruisseau, cueillir les fleurs, avoir peur de ces fruits rouges qui empoisonnaient les serpents, me faire un monde imaginaire dans cette cabane, dans l’arbre, jamais construite. J’aimais faire ma chambre, la décorer, déplacer les meubles. J’aimais la lecture. Je lisais tout ce que j’avais sous la main, y compris les emballages des dentifrices et les étiquettes de shampoing. J’aimais rire, m’asseoir à table et regarder les oncles avec une cigarette fumante jouer aux cartes, entendre les histoires des éveillés, moi, couchée dans la chambre d’à côté. Partir à l’aventure dans le quartier ou dans notre champ en guise de cour arrière. Quand j’allais à la toilette, je m’imaginais parlant devant un auditoire, je faisais comme si on m’interviewait. Je racontais n’importe quoi. Mais je parlais, et on m’écoutait.

Tout ça… j’avais oublié. C’est ça la tragédie. Mon Peter Pan était tombé dans l’oubli.  Capitaine Crochet était rendu trop fort. Ça m’est revenu après avoir mis au monde mon fils qui, chaque jour, m’offre le précieux cadeau de replonger dans l’univers de l’enfance. Son monde imprégné de liberté, de découvertes, de vulnérabilité et d’innocence.

Les souvenirs réveillés m’ont aidée. Tantôt à me dire que j’étais sur la bonne voie, tantôt à me dire que j’avais pris le champ. Ça m’a aidée à recommencer à écrire, ça m’a aidée à comprendre que l’autre avait beaucoup d’importance pour moi. Que la nature, je devais m’y aventurer plus souvent, que je devrais peut-être un jour orchestrer une conférence tel que promis, que je devais conserver les rituels qui me définissent, et pourquoi pas bâtir cette maison imaginaire au travers les branches.

Dans ces trouvailles, y’a pas d’égo. Y’a juste le petit(e) en vous qui sommeille. Qui meurt d’envie de revoir le lever du soleil.

Ce sont des choses simples qui font qui on est. Et ce sont les choses simples qui font que la vie vaut la peine d’être vécue. On n’est pas tous destiné à être un génie qui change le cours de l’histoire, mais on est tous destiné à être qui on est vraiment.

Cherchez et vous trouverez; si vous avez envie de fouiller. Ensuite mettez en lumière les amours de cet enfant que vous étiez. Peut-être qu’un beau jour, votre Peter Pan vaincra votre Capitaine Crochet , et que vous recommencerez à vous amuser, comme dans ce lac couvert de nénufars un soir d’été.

Les temps ont changé, mais pas ce dont on a besoin pour s’exclamer de bonheur et être frappé par la joie.

Caroline xx